Je suis là enroulée dans mon doudou qui me donne envie de dormir. Mais je sais que si je me précipite sous la couette, m'agitant mollement telle une larve en attendant que mon bocal se réchauffe...j'aurais toujours ces mille voix dans ma tête et ces visages. J'aurais toujours ces questions et ces rêves qui s'entrechoquent, comme d'outre-monde. Music played and people sang... Je me demande... Je me demande pourquoi quelqu'un que je ne connais pas peut me dire en deux minutes ce que j'ai attendu toute ma vie qu'un ami me dise, ou un amour, ou un parent... Je me demande pourquoi le jeu a mal tourné, pourquoi personne ne me croit et tout le monde me fait douter de qui je suis. Je me demande pourquoi je suis trop bien, pourquoi je ne vaux pas le coup, pourquoi je suis dure à cerner, pourquoi même pas en rêve mais juste au lit, pourquoi...Pourquoi, pourquoi, pourquoi.... Leave you as you are...Direct you in my arms... Into my arms Oh ! Lord.. Je déteste par dessus tout le fait qu'on ne me laisse quasiment pas le droit d'aller mal. Il disait "montrez vos émotions". Je n'ai personne à qui les montrer. Je ne veux même pas essayer parce que, à chaque fois, c'est un échec de plus en plus grand. C'est comme si plus rien ne pouvait me toucher parce qu'il est trop tard. Je ne suis pas dans un film américain, il ne suffit pas qu'il y ait de belles paroles pour que ça touche mon coeur. Il ne suffit pas que quelqu'un me prenne dans ses bras, ça aurait même tendance à me filer la nausée. Comment voulez-vous être touché par des gens quand vous n'avez aucun lien ? Peut-être bien que je n'ai aucun lien avec le reste de l'humanité, et je me demande bien la raison de tout ce bin's. To the open heart... Wait for me, wait for me... Oh my love, my darling... Je pourrais être schizoïde et à moitié autiste tout le monde s'en foutrait, parce qu'elle est tellement forte Mélina. Il semble que ça m'ait pris environ dix ans pour monter cette image de fille cool et solitaire, que rien ne touche, oh non rien. La réalité rattrape la fiction dans les grandes lignes. Mais les gens ne savent pas que ma vie tient dans des détails. Des détails minuscules... "Tiens il m'a à peine regardée quand j'ai dis bonjour" aïe. "Tiens elle mate mon plafond quand je parle" aïe. "Tiens cette fille la fait éclater de rire, et moi non" aïe. Go ask Alice, I think she'll know...
Nourris ton esprit car c'est tout ce qui te reste dans cette prison d'étoiles que tu as tissées toi-même. Nourris ton esprit car bientôt la vie rattraperas ton corps. Nourris ton esprit car lui connaît déjà la mort, et n'en a pas peur. Nourris ton esprit car ton coeur est vide, et personne ne veut remplir ta coupe. Nourris ton esprit car ton âme est sombre et ensommeillée. Nourris ton esprit car il te reste si peu de sens au-delà du sixième, ton intuition ratée. Nourris ton esprit, donne lui ta chair, ton sang, ton âme, ton coeur, ta vie. Car il est insatiable et tu peux être sûr que tu auras ce que tu voudras, pour toujours : la paix.
J'essaye de prendre de bonnes résolutions. Je n'en tiens aucune. Ca ne marche qu'avec des ordres. J'établis les lois, les règles du jeu, et je m'obéis, et ça marche. Chez moi rien ne marche avec le coeur. Et si c'est le cas ça foire en beauté. C'est terrible comme, étant la plus grande utopiste de ma connaissance, je vois à quel point les gens à qui je parle sont finalement beaucoup plus utopistes et naïfs que moi sur ma vie. J'ai tout fait, tout planifié pour m'améliorer, taire mes bas instincts. La plupart sont morts de soif, de faim, et de solitude. Et ça marche. Ca marche trop bien... Si je m'étais tiré une balle les gens auraient peut-être compris que je suis plus fragile que j'en ai l'air et, beaucoup, beaucoup plus conne. Ca aussi je l'ai réglé. A moins d'être dépouillée de mes apparâts policiers et qu'il ne reste que la matière tremblante de mon âme, courant désespérément après Jean-Pierre et chialant toutes les larmes de son corps, je ne mettrais jamais fin à ma vie. Mais si on peut apprendre à découvrir à quel point on peut apprécier la nourriture, le sommeil, la brise d'été et autres choses tamponnées "carpe diem" il me semble qu'avec les êtres humains on ne peut pas juste se servir. Je fais de sincères efforts pour ressentir des émotions. Les miennes, avec de la chance. Les montrer ? Quand j'en aurais. Le don d'empathie ? Sûrement une bonne raison pour moi de me ciseauter l'intérieur du palpitant. Le secret ? Il me fait mal. Et ça, et ça, et ça... Ca c'est exactement le genre de choses qui font que je resterais seule, parce que là-haut, je le suis. Mais si, tu sais, là-haut, dans ma tête quand je rêve... Si j'étais cet oiseau inca, amazonien ou j'en-sais-rien, il suffirait que je m'envole, et je serais heureuse. J'adore les oiseaux, ils peuvent voler. Quand j'étais toute petite, j'avais un secret aussi. Je montais sur le toit, c'était interdit. Les parents fermaient la chambre, mais même, je savais comment y aller par la terrasse. Il y avait ce grand arbre... Et ce bleu... Ce bleu que n'importe quel Peter Pan en herbe n'oublie jamais. J'y étais presque, je quittais terre. Je le sentais un peu, dedans. It's a long lonely journey... Tout ce que j'avais c'était l'amour. C'était la seule chose en laquelle je croyais encore après qu'on ait massacré tous mes rêves avec douceur. Il a fallu que je me plante du début à aujourd'hui, pour que peu à peu, le morceau lâche. Ca y est. Au fond ça y est, je n'y crois plus. Je n'espère plus rien de personne. Ni même de moi. Quoique... Au détour d'une résolution de Noël... Allez savoir. Pour commencer je vais me laisser pousser les cheveux et retrouver mon vrai visage... Enfin, c'est une blague bien sûr. Disons que je vais afficher en peinture ce que le monde a oublié : je suis une gosse perdue derrière sa frange, fleur bleue et naïve. Puisque personne ne semble vouloir le croire. Je ne peux pas feindre l'innocence, mais je ne peux pas accepter ce que je suis devenue : rien. Je suis le genre de choses qu'on a laissées traîner dans un coin sans se demander ce que ça devenait. Et ça doit faire au moins... Quoi ? Dix neuf ans, qu'on ne m'a pas réellement demandé comment je me sentais. J'ai fini par prendre les devants, ça ne m'a pas réussi. La réponse courte arrange tout le monde. The distance between us... Ces demi-vérités, ces volets à peine ouverts finissent même par m'accommoder. Qu'est ce qu'il disait déjà ? Ah, oui... "jamais été proche de personne". Mais encore aujourd'hui je me demande si c'est entièrement ou à moitié ma faute. Suis-je donc un monstre ? La musique me fait pleurer, parce qu'elle ne me juge pas. La musique me demande ce que je ressens, et je le ressens avec elle. Les gens me font pleurer parce qu'ils me scrutent, ils me pressent, ils me stressent, ils attendent des choses de moi... Etrangement ils demandent précisément ce que je ne donnerais jamais à moins d'un miracle. Je donnerais tellement tout le reste... Mais ce n'est pas ce que les gens veulent. Je ne donnerais jamais mes vraies faiblesses. Amour, amour... J'ai dû supporter pendant 14 ans le rejet total et mesquin de la personne que j'admirais le plus. J'ai appris à tirer de mystérieuses satisfactions de trois gestes gentils. J'ai appris à encaisser les coups un à un, à développer des répliques. Le reste du monde paraissait facile à vivre à côté. J'ai appris à me taire, à m'écraser, à cacher mes faiblesses pour ne pas que quelqu'un en profite. C'est sûr aujourd'hui je dois avoir l'air d'un égo en forme. On s'est tellement moqué de moi que j'ai perdu toute pudeur. Et si je m'habille un peu excentrique c'est parce que croyez-moi, c'est un des seuls domaines dans lesquels j'ose encore juste pour le principe... Ca ne m'empêche pas d'avoir l'impression que tout le monde me trouve laide, se moque de mes vêtements, et quand c'est le cas j'ai envie d'aller me cacher quelque part et d'enfiler un poncho informe. Tellement forte Mélina...Forte pour mentir et se cacher. Très, très forte. Personne ne me perce à jour. C'en est presque drôle, s'il me restait du cynisme de mes années collège... No la quiero, para nada... Para nada me sirve sin ti... "C'est l'histoire d'une fille au coeur de bois..." M'auto-détruire ? Oh, non. J'y ai cru en fait, pendant un moment. Mais ça n'a rien à voir avec l'autodestruction. C'est bien plus pervers. C'est une façon de me punir de mes échecs, autant dire de de ma grande vie fade. Oui je me punis d'avoir, encore une fois, osé espérer. Osé attendre un signe d'affection. Osé rêver d'intimité. Ca me protège au moins de l'essentiel : les autres et leur réalité chiante. You're scared, afraid of what you feel... It doesn't make it real... But I don't wanna play... C'est trop tard maintenant, on m'a fait trop de mal en me laissant vivre avec la tapisserie et je ne trouverais pas ma place ailleurs, alors je fais tout pour la garder... Celle-là personne ne me la prend au moins, hein ? Je préfère me conforter dans l'idée que les autres sont obnubilés par eux-mêmes et les apparences pour se demander qui je suis vraiment. Comme ça je ne suis pas déçue. Trop de déceptions, trop de moqueries, trop d'indifférence... Je ne peux plus vivre comme ça. Alors je me protège. Personne ne m'a jamais protégée... La solitude c'est de savoir qu'on ne peut pas compter sur les autres à moins de vouloir faire empirer la situation. "Secrets die alone". Avez-vous déjà fait exprès de vous taire parce que vous saviez que personne n'avait de temps à vraiment vous consacrer ? Même la personne qui vous comprend le mieux sur Terre - ou le moins mal ? They take me away from... Sweet Danny and Lisa... Il n'y que la page blanche qui ne se lasse jamais de moi et de ce que j'ai à dire. On peut dire que je suis ma meilleure amie en quelque sorte puisque je me confie à moi-même. Ah c'est un blog public ? Non sans blague. Je n'ai pas l'hypocrisie de dire que je n'espère intéresser personne. Laisse-moi être comme toi, laisse-moi être toi... C'est la seule chose que j'ai jamais espéré dans ma vie, intéresser quelqu'un. Pas intéresser quelqu'un parce que je suis jolie, pas intéresser quelqu'un parce que je suis intelligente ou que c'est ce que prétendent mes notes, intéresser quelqu'un, pour moi. Je crois que j'attends juste un peu de reconnaissance. Mais je n'arrive pas moi-même à me reconnaître, et les autres sont en grande partie à côté de la plaque. Ou ils ne captent que la moitié de la plaque. J'ai parfois envie de céder et à ma lâcheté, et à ma souffrance, et à mon mysticisme, et je m'imagine dans un couvent, une église, une yourte... Quelque part de très grand et de très loin, ou il suffit de porter une couleur et un signe et ça te sert d'identité... Je ne sais pas si ça va vraiment mieux cette année, parce que mon coeur est toujours mort, parce que je ne ressens toujours rien, ni compassion, ni joie, en dehors des personnages de fiction. Je ne peux pas mentir en faisant semblant de me préoccuper des gens loins. Loin des yeux, loin du coeur. S'il y a un coeur... Je ne sais plus qui me l'a arraché d'un coup ou bien si plusieurs personnes y sont allées à la petite cuillère ? Je n'arrêterais pas de pleurer, et je n'arrêterais pas d'aller mal au fond de moi. Je peux mentir aux autres, ils préfèrent, et moi je préfèrent qu'ils me foutent la paix, parce que, s'il y a bien une chose qui me fatigue, c'est les autres. Mélina, toujours là pour eux, même sans qu'ils le sachent, toujours à faire des efforts et surtout sans qu'ils le sachent. Mon énergie est vite brûlée dans les difficultés que représentent pour moi les relations sociales, normal que je grossisse pas, hein ? Mais elle n'est pas inépuisable... Et les gens ont une sérieuse tendance à l'oublier. Il me reste peu de choses, alors si on me les enlève, il ne me reste rien. Alors je ne comprends pas pourquoi il faut que je sois bourrée ou en soirée l'air triste pour que les gens se préoccupent ou me parlent. S'ils ne le font qu'à ce moment là, je préfère qu'ils ne le fassent jamais. Je ne suis plus une personne, je suis une énigme. Je déteste ça. D'avoir pour moi un seul mot de tendresse... Le secret hein ? Il n'y a pas de secret. Il n'y a pas d'ingrédient secret. Il n'y que de la boue, de la merde, du sang et des larmes. J'en ai assez des artifices, c'est un peu mon lot quotidien, et ma myopie n'est sûrement pas un hasard. L'écran d'ordinateur est souvent beaucoup plus amical et intéressant que le reste. Je n'ai pas besoin de voir les gens et... en fait les gens n'ont pas non plus besoin de me voir. Ah si, justement, ils ont juste besoin de me voir. Ils me voient, tout va bien. And it all ends here... "Nice to see you". It all ends here. S'il doit m'arriver quelque chose de bien et d'intéressant, ou l'un ou l'autre adjectif séparément pourquoi pas, ça viendra naturellement. Et si ça vient autrement, je cracherais dessus. Je ne veux, ni ne mérite, rien de plus ou de moins que ce que la vie et la nature m'apportent. Et j'emmerde tous ceux qui trouvent lâche, pompeux et égocentrique, et exhibitionniste tout ce que j'ai dit, le fait que je l'ai dit, les deux, que ce soit sur un blog etc. Quand on n'a qu'une bouche d'égoût pour se vider les tripes, on fait avec, ladies and gentlemen.
Secrets die alone ?
Cette chanson m'obsède.
Last night I had a dream about you... In this dream I'm dancing right beside you...
Deux phrases. Une nuit.
Vous savez quoi ? J'ai envie de pisser.
Classifioul.