Lettre de cire

Lettre de cire
Y a ce regard que parfois t'as
Et ça me glace, et ça me perce
C'est comme un tracé de compas
Qu'une main chaude jamais ne berce

J'ai pas compris pourquoi t'étais
Si dur avec ceux que t'aimais
Tu dois t'aimer un peu quand même
Face au miroir qui te rend blême

Tu sais les masques c'est du chiqué
Y a qu'un problème de liberté
C'est la conscience de nos chaînes
C'est aimer le poids de nos peines

Des illusions y en a partout
Mais ce qui vit dans ma poitrine
Tu l'as toi aussi en dessous
Et ça quelle que soit ta vitrine

Bien sûr t'as peur, c'est pas facile
Mais te croire seul c'est trop puéril
On se bat tous, tous un dragon
On pleure tous pour une chanson

Y'a c'est bien vrai beaucoup de choses
Assez bizarres, contradictoires
Les refuser c'est fait morose
Les disséquer c'est sans espoir

Pourquoi crois-tu tellement en toi
Quand en même temps tu te dénigres ?
Je ne suis pas sûre de mes émois
Mais mon coeur là, jamais ne migre

La vérité n'est pas un rêve
Mais le réel est illusoire
Mon âme ne vit que dans la sève
Où te survivent mes espoirs

Face contre terre je n'ai pas peur
De me lever pour retomber
Mes bras jamais ne tiennent rancoeur
Au vide qu'on y a laissé

Que puis-je faire pour t'apaiser ?
Tout te donner, même les étoiles
Tout te laisser, même les voiles ?
Puisque tu n'veux d'mon amitié...

Je ne crois pas au prince charmant
J'aime les humains, je suis sincère
Je n'ai pas les yeux d'un enfant
Et je ne peux plus rien y faire

Je te regarde et je ne vois
Que ce que tu laisses paraître
Donc s'il te plaît pardonne-moi
Quand je te laisse disparaître

Je ne poursuis pas les détails
Mais je les serre contre mon coeur
Quand dans la nuit tes yeux m'entaillent
Ou que je m'enchaîne aux liqueurs

Je ne demande que vérité
Le reste est tout offert à toi
Mon jeu n'est que sincérité
Le plaisir simple est mon seul roi

Tu veux le beurre, tu veux l'argent
Alors prend-les tant qu'il est temps
Je ne t'aime pas pour autre chose
Que les sourires dont je dispose

Jamais promesse d'éternité
Quand je peux te donner maintenant
Tous les instants tant mérités
Dont se saisir est jeu d'enfant

Je sais trop bien tous les calculs
Qui nous pourrissent de l'intérieur
Et le mental est mon pécule
Dont les pourboires sont une faveur

Je n'ai tu sais aucune idée
De qui se cache sous tes côtes
Adam, Neptune ou Ptholémée
Et de ce doute jamais ne m'ôte

Tu es étrange mais jamais laid
Et tu parviens à me blesser
Dans des détails insignifiants
Pour tes horizons de géant

Et j'ai ces questions quelquefois
Qu'est ce que tu vois, es-tu aveugle ?
Pourquoi n'ai je donc pas le droit
D'être une actrice qui parfois beugle

Pourquoi ne puis-je pas t'aimer ?
Pourquoi ne puis-je pas être triste ?
J'ai tant de choses à exprimer
Qui dans leurs oreilles sont touristes

Je ne puis dire qui me connaît
Car il n'y a pas de concours
Mais je sens déconnectée
Quand on n'écoute que mes discours

Et mes murmures tous seuls se perdent
Ma verve s'éteint, perd de son charme
Et je regrette jusqu'à l'acerbe
Qui autrefois peignait mes larmes

Je ne sais pas quelles sont tes peurs
Les miennes se terrent au fond des nuits
Dans la préhistoire de ma vie
Et sont autant mystères que leurres

Je ne suis pas une fille forte
Même quand je joue la comédie
C'est le plaisir qui se colporte
Sur un léger vent de folie

Je ne suis pas une fille méchante
Même quand je suis désobligeante
C'est une aura de déception
C'est le temps d'une désillusion

Et si souvent je me regarde
C'est l'envie de briser toujours
Tous ces miroirs où je me farde
D'une voix polie ou d'un atour

Je suis une petite fille assise
Sur les débris d'un drôle de verre
Et qui des jours meilleurs espère
Guettant du doigt le goût des bises

Souvent on trouve ridicule
Toutes mes images, mes pellicules
Mais je ne peux pas faire semblant
D'être autre chose qu'une enfant

Un p'tit peu triste, un peu bizarre
Assez simpliste et pleine d'espoir
Si mon poème est bon à rire
Ma compassion tient du délire

Tout c'que je veux, dans l'paysage
Ce n'est pas le geste d'un sage
Mais les mots vrais d'un petit homme
A qui d'une main je tend ma pomme

Tu peux ranger dans ton cerveau
Comme tu l'entends toutes mes photos
Dans des catégories vilaines
Si tu n'as pas peur de ma peine

On peut supporter tant d'efforts
Et tant de mal, si peu de bien
Si tu me dis "t'as vraiment tort"
Je t'écouterais, mettrais un point

Mais ces détails qui me font vivre
Rêver, respirer, ivre
Jamais je ne les oublierais
Même si pour toi je me tairais

Y a ces fossettes et ce parfum
Et ce silence le matin
La tête quand tu ne comprends rien
Un mot gentil qui poind soudain

Je ne pourrais pas te mentir
Accepte juste mon sourire
J'ai trop de doutes pour te dire
Des choses graves sans faiblir

Pour moi ça n'a pas d'importance
Tu mets du beau, d'l'intéressant
Partout dans ton inadvertance
Et j'aime y être pour un temps

Voilà l'histoire qui me tracasse
Simple et en vers comme une leçon
J'la sème partout ça me délasse
Et j'espère qu't'y as vu du bon.
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# Posté le lundi 02 février 2009 20:36

Autumn.

Autumn.
Depuis longtemps j'ai laissé
A d'autres le soin de tes baisers,
Et le souci de tes lèvres,
Et le souci de tes mains.

Depuis longtemps j'ai saisi
La vacuité piquante de vie
Du creux dans ta plèvre,
Du creux dans ton lit.

Oui, fort longtemps j'ai rêvé
Dans tes bras embrassée...
Et tes mots sur ma bouche,
Et tes mots qui léchaient...

Fort longtemps j'ai pétri
Maints espoirs, maintes envies...
Et tes yeux sur ma couche,
Et tes yeux dans mon lit...

Mais le vent a tout balayé !
Et j'ai vu dans le sable
Une terre bien arable
Où jamais tu n'étais
Qu'un reflet malléable...

J'ai troublé dans les eaux
Ton image gracile
Reconstruit mon idylle
Déconstruit mon égo.

J'ai trouvé dans le ciel
Des idées plus habiles
Une paire de tes ailes
Et parfois je l'enfile.

J'ai rêvé sur ta terre
Et tu n'étais qu'un son,
Une note éphémère,
Et j'ai aimé ce son !

Depuis longtemps j'ai aimé
Sans savoir où j'allais,
Et je marchais sans route
Et je marchais sans pieds...

Depuis longtemps j'ai perdu
Cette idée d'êtres nus,
Et j'aimais sans déroute
Et j'aimais sans ténu...

Oui, maintenant je n'ai plus
De passion, de coeur perdu,
Et de ventre sans souffle,
Et de ventre trop dru.

Non, maintenant je ne veux
De mensonge amoureux,
Dans mon antre des moufles !
Dans mon antre ténue...

Tu seras un mystère,
Je serais un silence.
A nos coeurs solitaires :
Une coupe en faïence !
La grande eau du baptême !
Et se dire que l'on s'aime !

Tu seras déception,
Je serais cruauté.
A nos larmes, chansons !
Une coupe brisée !
Le grand feu des bohêmes !
Mais se dire que l'on s'aime...

Dans le fade, dans le tiède, dans le blême,
Se le dire, le redire, quand bien même !

Depuis longtemps je la sème,
Cette graine qui ne pousse que dans l'M.
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# Posté le lundi 02 février 2009 20:28

Après toi...

Après toi...
Tu as des yeux d'or
Qu'on regarderait
Encore et encore,
Mais les miens sont baissés...

Et dans les chansons
Chaque mot est à toi !
Les autres garçons
N'en auront jamais trois.

Même si je sais bien
Qu'il y a d'autres filles,
Je prendrais ta main
Et nous jouerons aux billes,

Tes pleurs et tes rires
Auront mes baisers,
Mon coeur, mon sourire,
Et nous irons danser !

Tu as les mains douces
Et le regard las...
Quand tes rêves s'émoussent
Alors j'aime être là...

Tu es un soleil.
Tu es froid comme l'hiver.
Il y a des merveilles
Dans tes deux hémisphères...

Et je ne sais dire
Que des choses banales,
T'aimer, te chérir,
Te rêver dans mes bals...

Ta poitrine est un lit
Où je me repose.
Tes lèvres le bruit
Quand se froissent les roses.

Et je cours après toi...
Sans faiblir.
Des jupons et des bas
A tenir,
Tout du bout de mes doigts...

Après toi,
Mes soupirs,
Et mon âme,
Et ma foi,
A t'aimer
Sans faiblir.
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# Posté le lundi 02 février 2009 20:03

Modifié le lundi 02 février 2009 20:44

Ritournelle

Ritournelle
Je t'aime vraiment
Mais le vrai ment
Et le vrai temps
T'entend
Tout l'temps
Toujours...

Ex nihilo
Mon amour
Surgit de l'eau
Créa le jour
Et fut le beau
Dans tes atours
Ceux qui jamais
Ne te laisseront
Desséché
Car tu es bon,
Mon aimé.
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# Posté le lundi 02 février 2009 19:54

Noirçons

Noirçons
Je n'ai jamais compris
Le sens du pessimisme
Rétractation fébrile
Des esprits aigredoux
Dont le coeur trop aigri
Prône un faux humanisme
Crachant sur le tactile
Le réel et son flou
Ils s'imaginent bons
Icebergs du vrai
Dans une apocalypse
Dont ils sont prédicteurs
Mais ils tournent en rond
Comme des chiens blessés
Leur logique est ellipse
Même leur corps est songeur
Poids morts de l'idéal
Ils tirent dans les abysses
Par manque de patience
L'évolution de l'homme

Un jour loin de ce mal
Et de ses fins factices
L'enfant de l'albescence
De ses rêves sera somme

En attendant la mort
L'agonie des vautours
Je protège mon corps
Avant Son grand retour
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# Posté le lundi 02 février 2009 19:46