Avec ces sourires, que tu places bien
Tu flattes mon hémisphère droit
Avec des frôlements de doigts
Et même mon hémisphère gauche
Est touché de tes mots qui fauchent
Tu endors tout mes méta programmes
D'un regard où pointent des flammes
Tu morphines mes peurs ancestrales
A coup d'<au revoir> dits d'une voix pâle
Et tu vas jusqu'à remplir le vide
De ma vie aux lèvres avides
Tu le maintiens vivant, par électrocution
Ce coeur où ne brille plus la moindre passion
Tu en fais ta pièce pour les jours de dîme
Ta réserve privée, comme un beau miroir
Où te ressourcer les jours sans espoir
Et pourtant je ne peux te suivre
Sur ces glissants chemins de cuivre
Rouillés de tes amours anciennes
Visqueux encore de toutes tes peines
Ou tu veux m'entrainer, un peu gourd
Me tester, m'éreinter, me blesser à l'amour
Et voir si haletante et rampante à tes pieds
Je serais encore capable de te dévoiler
Ce visage secret qui est l'homme que tu portes
Avant que dégoûté ton esprit n'en avorte
Je ne sais que poser cette question idiote
Et que fais-tu de moi, la brave petite sotte ?
Je ne suis pas un fruit dont on boirait le jus
Et jetterait la peau une fois qu'on est repu
Je peux me sacrifier pour qui en vaut la peine
Mais malgré ton poison qui coule dans mes veines
Et ton image d'or qui hante tous mes rêves
Je ne sais qui tu es, et où se cache ta fève
Je sais confier mon âme à tous tes humanismes
Mais mon coeur sous ton charme n'est pas un euphémisme
Pas même une illusion, pas un vers mensonger
Ce n'est que l'expression d'un sentiment entier
Sans fard et sans rengaine, qui est à toi offert
A condition bien sûr, que tes bras soient ouverts
Sans remballer vraiment mes idéaux de mousse
Je sais sans regarder que leur brillant s'émousse
Aux coins pointus des dents que découvrent tes lèvres
Quand d'un sourire blanc, tu mords dans mes rêves
Alors mes yeux se portent sur un autre mâle
Et j'attends dans ton ombre sa lumière opale
Son baisemain galant et ses voeux d'affection
Tandis que toi l'artiste leur fait défection.



