Toujours, toujours l'amour !
Mais l'amour est à court
De tes yeux de merlan
Frit, re-frit, réfrigéré
Mal digérés, latents
Toujours, toujours tes yeux !
Ce même regard bigleux
Bigleux qui pleure d'aimer
Amèrement, la mer, la merci
D'un coeur délaissé
Par toi, toujours, toujours !
Le regard ne ment qu'au jour
Mais tes nuits sont ennemies
Mielleuses, engluées, peureuses
Tes nuits sont amoureuses
Toujours, toujours de deux amies !
La lune et le soleil, l'envie
Des deux, des deux fièvreuses
A ton chevet verni...
Toujours, toujours le sexe !
Mais ton cerveau à court
De chasse, de mots qui vexent
Tirer l'échasse où le bat blesse
Tomber tout court, d'amour, d'amour !
Mais ton cerveau délaisse
Les jeux trop vrais dont tu ne tiens
Jamais, jamais la laisse !
Car le vrai chien devant l'ânesse
Ne gagne ou perd : il est un chien
Ton cerveau manque... d'adresse
N'prend pas la mienne, n'prend pas la mienne
Toujours, toujours, j'm'exile en terre de sienne
Et toi l'faisan, t'en fais autant
Dans cette chasse au fusil d'vent
Qui autant en emporte que tes rêves d'enfants
Sur les mers mortes où tu veux être amant...
Toujours, toujours l'amour !
Jamais ne veux clarté, ni même opacité
Toujours à court de vérité
A court de vrai dans l'eau oxygénée
D'tes habitudes au goût si familier
De cours, basse-cours, si pleine d'amour
Où il n'y a pas à discuter
Car tes beaux jours sont maîtrisés
Du maître au chien, la société
Valide tes airs de mec paumé
Qui tente vainement, en marionnette
De tout manipuler...
Gepetto con, adieu l'amour
Toujours, toujours, se foutre en l'air
Se foutre la paix, se mettre à court
Et plus jamais faire la levrette
En mec trop gourd, en mec trop sourd
A ces idées qui t'désespèrent
Tel un raté, un branquignole
Tu cours l'haleine trop pleine de gnôle
Mais dans ton coeur ça y est tu voles
Tu n'as plus froid même sur le pôle
Toujours, toujours tu te sens mieux
Mais t'as toujours, toujours... les même yeux.