Pas plus qu'il ne sait briller
Et de mes rêves tu n'es pas hôte
Pas plus qu'en la réalité
Pourtant, ci gît dans ma psyché
Au labyrinthe des profondeurs
L'irrésistible dualité
Qui te fait tendre ou te fait peur
Ce n'est rien d'autre qu'une image
La sensation d'un toi familier
De la lumière, comme un mirage
Qui dans la nuit, et dans mon âme
Tes bras me font trop désirer,
Qu'elle est étrange cette frêle flamme.
Mon ventre n'est pas crispé de toi
Pas plus qu'il ne sait me rendre
Toute l'énergie vivante en moi
Pas plus qu'il ne peut me fendre
Pourtant, ci gît dans mes soupirs
Comme la présence de ta voix
Dans le dédale de mes délires
Tu es sauveur autant qu'effroi
Ce n'est rien d'autre qu'un beau rêve
Qui te ferait entrer de gré
Dans mes abris, débris, ma grève
Gagner l'amour et le partage,
Mais tu ne peux que désirer
Mon corps, mon rire et le volage.
Je n'ai pour toi de sentiments
Qu'autorisés, ceux du tourment
Je n'ai pour toi de baisers tendres
Que ceux brisés au goût de cendre
Je n'ai pour toi d'envies charnelles
Que celles qui coulent aux plaies des ailes
Je n'ai pour toi de sympathie
Que celle qui sait que tu souffres aussi
Je n'ai pour toi que l'amitié
Des enfants tristes qui s'abusent
Elle est pour toi, cette volupté
Tous mes sourires et toutes mes ruses
Peux-tu les prendre dans tes songes ?
Prends-les bientôt, le jour se lève
Car le soleil montre aux mensonges
La vraie laideur de certains rêves
Est-ce le mien, est-ce le nôtre ?
En tous les cas j'ai peur qu'il soit
Trop ridicule et puis rien d'autre
Qu'un blasphème aux vrais émois.

